Le Mur du respect de Chicago
L’art et les graffitis ont souvent servi de porte-voix aux personnes marginalisées et opprimées. Aujourd’hui, nous nous penchons sur le légendaire « Wall of Respect » de Chicago, situé à l’angle de la 43e Rue et de Langley. L’artiste local William Walker a réuni des poètes, des photographes et des membres de gangs rivaux pour peindre les portraits de plus de 50 héros afro-américains sur le mur d’un bâtiment délabré, dans une ville ravagée par la ségrégation et la discrimination institutionnelles. Cette initiative communautaire autonome exprimait la fierté noire et la libération, dans le sillage du Black Arts Movement alors en plein essor.

Le bâtiment a depuis été démoli, mais le Wall of Respect a inspiré un mouvement de fresques murales dans les quartiers afro-américains de toute la ville, puis dans l’ensemble du pays, laissant un héritage durable. Le racisme systémique n’a pas pris fin, mais certains artistes poursuivent leur travail, comme en témoignent les pancartes faites à la main lors des manifestations d’aujourd’hui et les traces laissées par les militants qui défilent pour le changement.
Un livre remarquable intitulé The Wall of Respect: Public Art and Black Liberation in 1960s Chicago est disponible auprès de la plupart des libraires si vous souhaitez en apprendre davantage.

