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13 ans plus tard, Eddie Martinez revient chez Loyal, à Stockholm

Eddie Martinez aurait pu être batteur. Ou bassiste. Le rythme avec lequel il passe d’une peinture à l’autre, d’un coup de pinceau à l’autre (on pourrait même dire, d’une année à l’autre), porte une pulsation et une ossature perceptibles au sein d’un ensemble plus vaste. Ce n’est pas tout à fait mélodieux, car chaque coup de pinceau est une note qui constitue un dialogue avec elle-même et avec quelque chose de très intérieur pour le peintre, mais cela forme en quelque sorte un socle à partir duquel nous pensons l’acte de peindre. Il n’y a pas de solos, seulement une maîtrise totale de l’écriture musicale.

Treize ans après la première exposition du peintre basé à Brooklyn à la Loyal Gallery de Stockholm, Martinez revient avec New Paintings 2, visible jusqu’au 15 mai 2021. Même dans le titre de l’exposition, on voit que l’artiste ne s’intéresse pas aux déclarations ampoulées. Ce sont des peintures, je suis peintre, semblent-elles dire. Mais cela lui rend quelque peu tort, car au cours de la dernière décennie, Martinez s’est imposé à l’avant-garde de la peinture contemporaine, portant le flambeau des maîtres du XXe siècle et combinant à sa manière des réflexions figuratives qui apparaissent et disparaissent dans ses ensembles d’œuvres comme des idées-signatures. Le fait qu’elles ne soient pas toujours présentes, que les têtes carrées ou même quelques figures de New Paintings 2 apparaissent de temps à autre, témoigne d’une pratique constante en atelier. L’intériorisation de l’éthique du travail et de la production permet à ces formes d’émerger sans paraître oubliées, mais presque comme des pensées intérieures qu’il suffit d’affiner lorsqu’elles sont présentées.

Amy Giunta et Martin Lilja écrivent dans un remarquable essai consacré à l’exposition que le travail de Martinez « conserve la puissance de l’abstraction, tout en tendant constamment vers la forme ». Comme s’il dialoguait avec les grands peintres abstraits du passé, Martinez apporte une perspective nouvelle sur ce que signifie la continuité dans l’art et sur ce que nous pouvons apprendre d’un processus infatigable.

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